N°4 : Comprendre la transmission et le changement de vitesses

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La transmission, un long sujet, passionnant d’un côté et déroutant de l’autre.

Une mise en contexte s’impose. Il va y avoir un peu de termes technique mais c’est intéressant 😊

Lorsque l’on parle de « transmission » sur un vélo on parle d’un ensemble de pièces aussi appelées « groupe » qui comporte :

  • Un pédalier qui ressemble à un grand disque à l’avant et positionné au centre du vélo. Le pédalier est lui-même composé de 2 manivelles et de 2 pédales. Si le pédalier est composé d’une seule couronne alors on parle de mono-plateau.
  • Un boitier de pédalier qui est inséré directement dans la partie basse du cadre, qu’on appelle boite de pédalier, permettant au pédalier d’être maintenu/logé au niveau de son axe. C’est une pièce centrale qui doit être capable de résister à de fortes contraintes tout en limitant la friction pour améliorer la fluidité de pédalage.
  • Une cassette (ou une roue libre*) fixée à l’arrière sur la roue qui est un ensemble de pignons correspondant au nombre de vitesses.
  • Un corps de roue libre (dans le cas d’une cassette) qui est fixé sur le moyeu de la roue arrière et permet d’éviter d’entrainer le pédalier lorsque vous arrêtez de pédaler. La roue continue de tourner un certain temps sans force exercée.
  • Une chaine qui permet de transmettre la force exercée mécaniquement par votre effort au niveau du pédalier vers la roue arrière par l’intermédiaire de la cassette (ou roue libre*) pour faire avancer le vélo.
  • Un dérailleur à l’arrière situé sous la cassette (ou roue libre*) qui permet de changer de vitesses. A savoir que le terme « dérailleur » ne signifie pas que l’on va dérailler, bien au contraire, son rôle est de garantir le passage de vitesses sans que la chaine ne puisse sortir de la cassette (ou roue libre*). Alors pourquoi l’appeler ainsi ? Simplement car le fait de changer de vitesse et donc de pignon sollicite un déraillement maitrisée de la chaine qui est différent d’un déraillement de la transmission dont l’on peut (malheureusement) avoir l’habitude si les réglages ne sont pas corrects.
  • Le cas échéant un dérailleur à l’avant au-dessus du pédalier si celui-ci rassemble 2 ou 3 couronnes.
  • Une manette de vitesses, à droite du guidon qui est appelée shifter (pour les plus modernes) ou poignées tournantes sur les anciens formats mais également manettes à friction sur celles d’avant (vintage maintenant 😅).
  • Une manette de vitesses, à gauche du guidon si il y a un pédalier d’au moins 2 couronnes (plateaux).
  • Enfin il est important de mentionner que les manettes de vitesses sont reliées au(x) dérailleur(s) par des câbles qui passent en partie par des gaines pour créer une tension permettant de d’actionner mécaniquement le dérailleur dans les amplitudes correspondantes à l’aide de ressorts et ainsi changer de vitesse. A souligner aussi, qu’il existe maintenant (sur le très haut de gamme) des manettes et dérailleur qui n’ont pas besoin d’être reliés par des câbles en acier (galvanisé ou inox), il s’agit de connexion électriques (le cas Shimano avec le DI2) ou électromagnétiques (le cas SRAM AXS avec des batteries intégrées).

Maintenant que vous connaissez un peu le fonctionnement de la transmission, passons à ce qui vous intéresse en tant que pratiquant.e, le bon rapport de résistance, le développement (le braquet) pour rouler.

Vous le savez, lorsque vous êtes sur du plat, pédaler est généralement assez facile et nul besoin de se poser trop de questions quant à la vitesse sélectionner. En revanche sur les routes et pistes de montagne c’est une autre histoire 🥵

Que vous soyez sur un vélo « musculaire » ou avec assistance électrique la règle est la même, il faut trouver la vitesse la plus adaptée à l’effort imposé par le terrain et/ou par vos envies et votre forme physique bien entendu.

Pour faire simple, le nombre de dents sur les couronnes et les pignons est essentiel pour déterminer de base le type de pratique que le vélo va imposer.

Plus il y a de dents sur une couronne (donc au niveau du pédalier) et plus il sera aisé de faire de la vitesse sur route (à plat ou dans les descentes). A contrario moins il y a de dents sur une couronne et moins vous pourrez espérer prendre de la vitesse par l’action de votre pédalage, dans ce cas la vitesse peut être prise dans les descentes par effet de gravité naturellement.

Le nombre de dents sur les pignons (donc la cassette ou roue libre*) joue aussi son rôle, secondaire mais indispensable pour ancrer l’usage attendu, la pratique associée au vélo. Plus les pignons comptent de dents et plus la possibilité d’un petit braquet est importante. En pratique ça signifie que vous pouvez supporter un plus fort dénivelé (à petite allure) tout en gardant une bonne cadence de pédalage. C’est ce qui est recherché à VTT.

Normalement, quand tout va bien, on retrouve souvent de grands pignons (une grande cassette) accompagnés de petits plateaux voire d’un mono-plateau. Ce qui de fait cantonne ce type de transmission à de la montagne mais qui permet d’optimiser les performances. A l’inverse, une petite cassette sera associée à de grands plateaux (en général au nombre de 2 sur le pédalier). Auparavant, les vélos (je veux dire type VTT, VTC) étaient davantage polyvalents en terme de développement (braquet) et pouvaient à la fois faire un peu de vitesse et un peu de dénivelé. C’est toujours le cas sur de nouveaux formats comme le Gravel mais on s’égare un peu.

J’espère que vous avez tout suivi ! Pour finir, quand vous voulez savoir visuellement (faites-le à l’arrêt de préférence, pas en roulant 😜) si vous êtes sur une vitesse « dure » ou « douce » sans vous fier uniquement à votre ressenti regardez où se situe la chaine. Est-ce qu’elle est sur un petit ou un grand pignon ? Est-ce qu’elle est sur un petit ou un grand plateau ? La vitesse la plus « dure » de votre transmission sera toujours la combinaison suivante : petit pignon / grand plateau et la plus « douce » : grand pignon / petit plateau (ou mono-plateau s’il y en a qu’un !)

J’espère que vous y verrez un peu plus clair dorénavant. N’hésitez pas à commenter si vous avez des questions ou si vous pensez qu’il y a quelque chose à ajouter.

*Roue libre : ensemble de pignons indissociables avec un cliquet intégré qui permet d’avoir cet effet « roue libre » sans avoir besoin de pédaler en permanence lorsque la roue arrière tourne. C’est une pièce que l’on retrouve sur les anciens vélos, qui existe encore tout en se limitant à 7/8 vitesses.

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